Proverbes Français ” la lettre A “

Proverbes Français ” la lettre A “

proverbs in english

 Proverbs in english

À barbe de fol apprend-on à raire.

Raire = vieux français : raser.

À barque désespérée Dieu fait trouver le bon port.

À Baigorri la vaisselle est de terre; lorsqu’on parlait de m’y marier, elle était toute d’or. (Proverbe basque)

À beau mensonge, longue mémoire.

Celui qui ment doit avoir une bonne mémoire.

A beau mentir qui vient de loin. (Abbé Tuet)

Celui qui vient d’un pays lointain peut, sans craindre d’être démenti, raconter des choses fausses. Le même proverbe est – très rarement – utilisé dans le sens inverse : celui qui vient de loin a beau mentir, on ne le croira pas. Voir aussi : Nul n’est prophète en son pays.

A beau parler qui n’a cure de bien faire. (Montluc)

Personne qui fait de belles promesses qui ne seront pas tenues.

À bon chat, bon rat. (Cholières)

Se dit quand celui qui attaque trouve un antagoniste capable de lui résister. Contenait en germe le principe même de la sélection naturelle.

À bon cheval, bon gué. (Manuscrit du XVe)

Quand on a de bons outils, on fait du bon travail.

À bon demandeur, bon refuseur. (Manuscrit du XIIIe)

Celui qui demande indiscrètement mérite d’être refusé sans ménagement – Une demande polie ne doit être repoussée qu’avec honnêteté.

À bon emprunteur, bon éconduiseur. (Manuscrit du XIIIe)

À bon entendeur, demi-mot.

Une brève explication suffit aux gens intelligents. Latin : Intelligenti pauca. (À l’intelligent peu de choses (mots, suffisent).)

À bon entendeur, il ne faut qu’une parole. (Plaute)

À bon joueur la balle lui vient. (Manuscrit du XIVe)

Voir aussi : La balle cherche le joueur.

À bon maître, hardi valet. (Noël du Fail)

À bon messager, il ne faut rien dire.

Ne répétez pas de secret à quelqu’un de bavard.

À bon vin point d’enseigne.

Ce qui est bon se recommande de soi-même.

À bourse de joueur, il n’y a point de loquet. (Manuscrit du XIVe)

À brebis tondue, Dieu mesure le vent. (H. Estienne)

Ceux qui ont peu de moyens ont parfois la chance d’éviter des maux auxquels ils n’auraient pas résisté.

À celui qui t’a fait célèbre, fais un mérite de ce que tu es. (Publilius Syrus)

À ceux qui viennent tard, les os. Latin

Tarde venientibus ossa.

À carême prenant, chacun a besoin de sa poêle.

Se dit quand quelqu’un demande à emprunter une chose, alors que les personnes à qui elle appartient en ont besoin elles-mêmes.

À chacun sa chacune.

À chacun son tour.

Si tu l’emportes aujourd’hui sur moi, je l’emporterai peut-être demain sur toi.

À chair de loup, sauce de chien.

Il faut traiter les gens selon leurs mérites.

À chanter, rire, danser, l’esprit ne peut mal penser.

À chaque fou sa marotte.

À chaque jour suffit sa peine.

Supportons les maux d’aujourd’hui sans penser par avance à ceux que peut nous réserver l’avenir. Tiré de l’Évangile de Matthieu (Mt 6.34), parabole des lys des champs – Lamartine : Le soin de chaque jour à chaque jour suffit.

À chaque oiseau son nid est beau. (Manuscrit du XIIIe)

Chacun admire sa maison, sa propriété.

À chaque pied son soulier. (Montaigne)

À chaque saint sa chandelle. (Jean Le Bon)

À chemin battu, il ne croît point d’herbe. (Manuscrit du XIIIe)

Point de profit possible dans un négoce dont maintes gens se mêlent.

Achetez à crédit et vendez comptant.

À cheval donné, on ne regarde pas les dents. (Cité par Saint Jérôme)

Il ne convient pas de critiquer ce qui vous a été donné gratuitement. Les dents des animaux sont un indice de leur santé, on procédait donc à leur examen avant tout achat. Variante : À cheval donné, on ne regarde pas la bride. – Cheval donné ne doit-on en dents regarder. (XIIIe)

À cheval hargneux, il faut une écurie à part. (P. J. Le Roux)

À chevaux maigres vont les mouches.

Les misérables éprouvent plus que d’autres la mauvaise chance. : On s’attaque plus volontiers aux faibles qu’aux forts, aux pauvres qu’aux riches.

Achille boudeur n’en est pas moins Achille. (Mme de Girardin)

À chose faite, conseil pris. Variante

Après le dîner, la moutarde. – Un conseil qui vient trop tard ne sert plus à grand chose.

À cœur vaillant rien d’impossible.

Avec du courage, on vient à bout de tout. Utilisé comme devise par Jacques Cœur.

À colleter un gueux, on devient pouilleux. (Proverbe basque)

À colombe saoule, les cerises sont amères. (Manuscrit du XIVe)

À colombes soûles, cerises sont amères.

Une trop grande abondance gâte le plaisir de jouir de la vie. Variante: Au dégoûté le miel est amer.

À cœur sain, esprit sain.

À confesseurs, médecins, avocats, la vérité ne celez de votre cas. (Gabriel Meurier)

À conseil de fol, cloche de bois.

À corsaire, corsaire et demi.

Variante: À voleur, voleur et demi.

À côté de la beauté, l’esprit et le cœur font toujours l’effet de parents pauvres. (Étienne Rey)

À défaut de loi, il y a le châtiment du remords. (Publilius Syrus)

À demain les affaires.

Divertissons-nous aujourd’hui sans songer aux soucis du lendemain.

À deux truies trois liens. (Manuscrit du XIVe)

À donner donner, à vendre vendre. (Manuscrit du XIIIe)

Il faut se comporter selon les circonstances.

À dur âne, dur aiguillon.

Variante : ‘À méchant chien, court lien.

À dure enclume, marteau de plume.

Les coups les plus durs n’accablent pas l’homme endurant (patience, force d’âme, …).

À être vaincu par plus fort que soi, il y a encore quelque gloire. (Publilius Syrus)

Advienne que pourra.

Qu’il en résulte ceci ou cela, peu m’importe. Utilisé souvent précédé de Fais ce que dois, voir Fais ce que dois, advienne que pourra.

À face hardie, une preuve ne nuit. (Antoine Loisel)

À femme sotte, nul ne s’y frotte.

À fleur de femme, fleur de vin. (Manuscrit du XIVe)

À force de choisir, on prend le pire.

Variante : Entre deux sièges, on tombe à terre.

À force de coups, on abat le chêne. (Diogénien)

À force de forger, on devient forgeron.

À force de s’exercer à une chose, on y devient habile. Voir aussi

Usage rend maître. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

À force de jurer, on engendre quelque doute à la vérité. (Marguerite de Navarre)

À force de mal aller, tout ira bien.

Le salut peut sortir des difficultés-mêmes.

À force de poison, il faut bien crever.

À force de sagesse, on peut être blâmable. (Molière)

À goupil (renard) n’advient pas tous les jours géline blanche. (Manuscrit du XIVe)

À goupil endormi rien ne lui tombe en la gueule. (Manuscrit du XVe)

Voir aussi : Renard qui dort la matinée n’a pas la bouche emplumée.

À grands seigneurs peu de paroles.

Il faut expliquer en peu de mots ce que l’on veut faire entendre aux grands.

À l’assemblée des Athéniens, ce sont les sages qui parlent et les fous qui décident. (Anacharsis)

À laver la tête d’un Maure [ou d’un âne] on perd sa lessive.

Il est impossible de faire changer d’opinion un sot ou un entêté.

À l’empreinte, on connaît Héraclès. (Hérodote)

À l’endroit du public, répéter c’est prouver. (A. France)

À l’ennemi fuyant, faites un pont. (Aristide à Thémistocle)

Les Grecs recommandaient à Thémistocle de détruite un pont de bateaux établi par Xerxès, roi de Perse, Aristide répondit : Au lieu de détruite ce pont, il faut en faire un autre, afin que l’ennemi se retire plus vite. Variante : …faites un pont d’argent, un pont d’or.

À l’entrée de la ville sont les premières maisons.

Il faut chercher les choses là où elles se trouvent et non pas chercher midi à quatorze heures.

À l’heure de la mort, nul n’est présumé vouloir tromper.

Nemo praesumitur ludere in extremis.(Latin)

À l’image du roi l’univers se façonne. (Claudien)

Proverbe médiéval : Tel roi, tel peuple.

À l’impossible nul n’est tenu.

Ad impossibile nemo tenetur. (Latin) On ne peut exiger de quiconque ce qu’il lui est impossible de faire.

À l’œuvre on connaît l’artisan (ou l’ouvrier).

On juge de l’habileté d’un ouvrier d’après la perfection de son ouvrage. : La Fontaine (1621-1695), fable Les Frelons et les Mouches à miel. : Variante: Tel ouvrier, tel ouvrage.

À l’œuvre on connaît l’ouvrier. (Aristophane)

À l’ongle on connaît le lion.

Un acte insignifiant en apparence peut faire connaître l’homme qui en est l’auteur et dévoiler son caractère.

À la bouche des sots le rire abonde.

Risus abundat in ore stultorum. (Latin)

À la bouche du sot le rire abonde.

Risus abundat in ore stultorum.(Latin)

À la boucherie toutes les vaches sont bœufs, à la tannerie tous les bœufs sont vaches.

Le marchand dit que tout ce qu’il vend est de première qualité.

À la Chandeleur, l’hiver passe ou prend rigueur.

Si le froid n’est pas fini à la Chandeleur, il sera encore plus important qu’avant.

À la chandelle, la chèvre semble demoiselle. (Gabriel Meurier)

À la chasse comme en amour, on commence quand on veut et on finit quand on peut.

À la colombe saoûle les cerises sont amères.

À la cour du roi, chacun y est pour soi. (Manuscrit du XIIIe)

À la démarche, on reconnaît la déesse. (Virgile)

À la femme sotte, nul ne s’y frotte.

À la fin le renard sera moine.

À la guerre comme à la guerre.

En période de crise, tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins.

À la maisnie se reconnaît le seigneur. (Manuscrit du XIIIe)

Maisnie : vieux mot pour maison.

À la maison acheter, au marcher vendre. (Manuscrit du XIIIe)

À la mort nul n’est fort.

À la parole on connaît l’homme. (P.A. Manzoli)

À la porte des grands, le seuil est glissant. (Irlande)

À la presse vont les fous. (Jean Le Bon)

À la quenouille, le fol s’agenouille. (Gabriel Meurier)

À la queue gît la difficulté. (Manuscrit du XIIIe)

À la Sainte Luce les jours croissent d’un saut de puce.

Les jours commencent à croître un peu à la Sainte Luce (13 décembre). C’est actuellement faux puisque les jours croissent à compter du jour du solstice, qui tombe vers le 21 décembre. Le proverbe date d’avant l’institution du calendrier Grégorien. Le solstice était alors vers les 10 ou 11 décembre, et le 13 était bien le premier jour où on pouvait constater l’augmentation de la durée du jour.

À la trogne connaît-on l’ivrogne. (Gabriel Meurier)

À longue corde tire, qui mort d’autrui désire. (Manuscrit du XIIIe)

À mal enfourner, on fait les pains cornus. (Manuscrit du XVe)

Un mauvais début peut mettre en péril la bonne marche de toute une affaire.

À mal enraciné, remède tard apprêté. (Gabriel Meurier)

À manger avec le diable, la fourchette n’est jamais trop longue.

À mauvais jeu, bonne mine.

À méchant chien, court lien.

À méchant ouvrier, point de bon outil.

Le mauvais ouvrier fait toujours du mauvais travail, et met ses maladresses sur le compte de ses outils. Autre sens : Le mauvais ouvrier est incapable d’avoir de bons outils.

À méchante cause, longue plaidoirie. (Nicolas Catherinot)

Amende surannée ne doit pas être payée.

À menteur, menteur et demi.

À merle soûl, cerises amères.

À navire brisé (rompu) tous les vents sont contraires.

À nouveau fait, nouveau conseil. (Jean de Bueil)

À nouvelles affaires, nouveaux conseils.

À paroles lourdes, oreilles sourdes.

À parti pris, point de conseil. (A. J. Panckoucke)

Il ne sert à rien de conseiller quelqu’un dont la résolution est prise.

À père amasseur, fils gaspilleur.

Il arrive fréquemment que le fils dilapide les biens amassés par le père.

À père avare, fils prodigue.

Un défaut ou un vice font naître autour de soi le vice contraire, en réaction. Voir aussi le proverbe opposé : Tel père, tel fils.

À petite fontaine boit-on à son aise. (XIIIe siècle)

À petit manger, bien boire. (Rabelais)

À petit mercier, petit panier.

Il faut proportionner sa dépense à sa recette.

À petit oiseau, petit nid.

La maison ou la propriété de quelqu’un reflète son état de fortune. Il faut savoir se contenter de ce qu’on a, ne pas péter plus haut que son cul.

À petit présent, petit merci.

À petite fontaine on boit à sa soif. (Manuscrit du XIIIe)

À petite occasion prend le loup le mouton. (Ésope)

À plaider contre un mendiant on gagne des poux.

À pratiquer plusieurs métiers, on ne réussit dans aucun. (Platon)

Variante moderne : Douze métiers, treize misères.

À quelque chose (le) malheur est bon.

Des événements fâcheux, on peut souvent retrouver quelque avantage, ne fût-ce que par l’expérience qu’on en retire. : Variante: À tout malheur quelque chose est bon.

À question abstruse, abstruse réponse.

Réponse faite à Alexandre le Grand par les gymnosophistes.

À qui est en bonne santé, il est aisé de conseiller les malades. (Térence)

À qui il arrive un malheur, il en advient un autre. (Manuscrit du XIVe)

À qui meschet (méchet), on lui mésoffre. (Manuscrit du XIVe)

On se prévaut de la gêne où se trouve un vendeur, pour acheter sa marchandise à bas prix.

À qui sait attendre, le temps ouvre ses portes. (Chine)

À qui sait comprendre, peu de mots suffisent.

Variante: À bon entendeur, salut!À bon entendeur, peu de paroles. – Latin: Intelligenti pauca.

À qui se lève matin, Dieu aide et prête la main.

Variante: Aide-toi, le Ciel t’aidera. – Attache d’abord ton âne, puis tu le recommandera à Dieu. (Turquie)

À quoi bon tant d’amis ? Un seul suffit quand il nous aime. (Florian)

À raconter ses maux, souvent on les soulage. (Corneille)

À se cogner la tête contre les murs, il ne vient que des bosses. (Musset)

À sot auteur, sot admirateur. (Boileau)

1636-1711 – Variante: Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire.

À sotte demande il ne faut point pas de réponse. (Jean Le Bon)

On ne répond rien à celui qui fait une question saugrenue ou inconvenante.

À tard crie l’oiseau quand il est pris. (Manuscrit du XIVe)

À tard est vengé, qui Dieu venge. (Manuscrit du XIIIe)

À tel pot, telle cuiller. (Manuscrit du XVe)

À tel saint, telle offrande. (Manuscrit du XIIIe)

À telle dame, telle chambrière. (Manuscrit du XIIIe)

À telle lame, telle gaine. (Manuscrit du XIIIe)

À tête baissée ne te fie pas.

À toile ourdie, Dieu envoie le fil.

La Providence fournit souvent les moyens de mener à bien une entreprise commencée.

À tous les cœurs bien nés, que la patrie est chère ! (Voltaire)

À tout bon compte revenir.

Il est permis de refaire un calcul pour s’assurer de son exactitude.

À tout péché miséricorde.

Il faut être indulgent, aucune faute n’est indigne de paradis.

À tout seigneur tout honneur.

Il faut rendre honneur à chacun suivant son rang.

À trompeur, trompeur et demi. (Noël du Fail)

Celui qui trompe finit toujours par rencontrer quelqu’un encore plus fourbe.

À un homme d’esprit, il ne faut qu’une femme de sens; c’est trop de deux esprits dans une maison. (Louis de Bonald)

À vaillant cœur rien d’impossible. (Devise de Jacques Cœur) Jacques Cœur, argentier de Charles VII.

À vaillant homme, courte épée.

Les Spartiates, renommés pour leur courage, avaient des épées très courtes.

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. (Corneille)

Il n’y a aucune gloire à avoir s’il n’y a pas de difficulté. – Corneille (1606-1684), Le Cid.

À ventre soûl, cerises amères.

Aussi : À merle soûl, cerises amères.

À vieille mule, frein doré. (Manuscrit de 1456)

On pare une vieille bête pour la mieux vendre; se dit aussi de vieilles femmes qui abusent des artifices de la toilette.

À vilain, vilain et demi.

À corsaire, corsaire et demi.

À voir le chaume, on peut juger de l’épi. (Homère)

À voir marcher quelqu’un, on connaît sa pensée. (Pétrone)

À vouloir trop avoir, l’on perd tout.

À vouloir trop gagner l’on perd. (La Fontaine)

À vrai dire perd-on au jeu.

Qui veut gagner doit cacher la vérité.

Abondance de biens ne nuit pas.

On accepte encore, par mesure de prévoyance, une chose dont on a déjà une quantité suffisante. Cf. latin : Quod abundat non vitiat. Ce qui abonde ne vicie pas.

Abondance engendre fâcherie.

Abondance engendre satiété.

Dans le même sens : Ventre plein, cerises amères. – À merle soûl, cerises amères. – À ventre soûl, cerises amères. – Pour ventre plein il n’y a plus de ragoût. – À colombe saoule, les cerises sont amères.

Abrège ton discours, beaucoup de choses en peu de mots; sois comme un homme qui a la science et qui sait se taire. (Bible, l’Ecclésiastique)

Absent le chat, les souris dansent. (Baïf)

Autre forme : Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. – Quand le chat est parti, les souris dansent.

Accomplis chaque acte de ta vie comme s’il devait être le dernier. (Marc Aurèle)

Accorde-toi avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui. (Évangile selon St Matthieu)

Acquérir et jouir sont deux.

Adieu paniers vendanges sont faites. (Rabelais)

L’occasion est passée, il n’y a plus rien à faire, tout est terminé.

Admiration est fille de l’ignorance.

On admire plus facilement ceux qu’on ne connait pas vraiment, dont les défauts restent ainsi cachés.

Agir dans la colère, c’est s’embarquer durant la tempête.

Ah ! Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous. (Jules Barbier et Michel Carré)

Aide-toi, le ciel t’aidera.

Il faut faire des efforts avant de compter sur la Providence, sur les autres, etc. Déjà cité par Ésope (Aide-toi et Héraklès t’aidera). La Fontaine, fable Le Chartier embourbé.

Aidons-nous mutuellement, la charge des malheurs en sera plus légère. (Florian)

Aime comme si un jour tu devais haïr; hais comme si un jour tu devais aimer. (Bias, cité par Diogène)

Aime ton père, s’il est juste, et s’il ne l’est pas, supporte-le. (Publilius Syrus)

Aimer, c’est jouir, tandis que ce n’est pas jouir que d’être aimé. (Aristote)

Aimer est bon, mieux être aimé.

Aime-toi et tu auras des amis.

Aimez qu’on vous conseille, et non pas qu’on vous loue. (Boileau)

Aimez votre voisin, mais n’abattez pas la haie.

Ainsi va le monde.

C’est ainsi qu’on agit le plus souvent.

Amas d’épithètes, mauvaises louanges.

Ce sont les faits qui louent. (La Bruyère)

Ami au prêter, ennemi au rendre. (Antoine Loisel)

Celui à qui vous prêtez de l’argent se dit votre ami, mais il deviendra votre ennemi au moment où vous lui demanderez de rembourser, ou la variante : Cousin germain, quand tu prêteras ; fils de putain, quand tu réclameras.

Ami de la vertu plutôt que vertueux. (Boileau)

Ami de table est variable.

Ami de trente, fille de quinze, et vin d’un an. (Montluc)

Amitié de cour, foi de renards, société de loups. (Chamfort)

Amitié de seigneur n’est pas héritage. (Manuscrit du XIVe)

Devenu : Service de grand n’est pas héritage, ou : Promesse de grand n’est pas testament.

Amour a de coutume d’entremêler ses plaisirs d’amertume. (Clément Marot)

Amour, amour! Quand tu nous tiens, on peut bien dire Adieu prudence! (La Fontaine) : Fable Le Lion amoureux.

Amour apprend aux ânes à danser.

La puissance de l’amour peut améliorer un naturel grossier.

Amour de soi nous déçoit. (Rabelais)

Amour et mort, rien n’est plus fort.

Amour et seigneurerie ne vont pas de compagnie. (Manuscrit du XVe)

Amour peut moult, argent peut tout. (Gilles de Noyers)

Amours nouvelles oublient les vieilles.

Amour, toux, fumée et argent, ne se peuvent cacher longtemps.

Amour vainc tout et argent fait tout.

Amour vainct tout sauf cœur de félon. (Manuscrit du XIIIe)

Âne avec le cheval n’attelle.

Il ne faut pas apparier des gens de condition différente.

Âne piqué, à trotter est incité. (Gabriel Meurier)

Apprends à te connaître et descends en toi-même. (Corneille)

Apprenti n’est pas maître.

Après la danse vient la panse.

Après la douleur d’une mère vient celle de la nourrice. (Publilius Syrus)

Après la mort, le médecin.

Le secours vient trop tard.

Après l’amour, le repentir.

Après la pluie le beau temps. (Alain de Lille)

La joie succède souvent à la tristesse, le bonheur au malheur. Utilisé comme titre d’un roman par la Comtesse de Ségur.

Après le courage, rien de plus beau que l’aveu de la poltronnerie. (Helvétius)

Après le fait ne faut souhait.

Après l’esprit de discernement, ce qu’il y a au monde de plus rare, ce sont les diamants et les perles. (La Bruyère)

Après l’orage vient le calme. (Bible, Tobie)

Après lui il faut tirer l’échelle.

Ce qu’il fait est toujours mieux fait que par qui que ce soit.

Après moi le déluge. (Mme de Pompadour)

Peu m’importe ce qui arrivera quand je n’existerai plus.

Après rire vient pleurer, après jouer soupirer.

Après trois jours, le poisson et l’hôte deviennent puants.

Latin : Post tres dies piscis vilescit et hospes. Cité par Pontanus. Variante: L’hôte et la pluie, après trois jours ennuient.

Argent comptant porte médecine.

Pecunia praesens medcamen est praesentaneum. (Latin)

Assaut de lévrier, défense de sanglier, fuite de loup.

À la guerre il faut attaquer avec l’impétuosité du lévrier, se défendre avec l’énergie du sanglier et fuir avec la rapidité du loup.

Assauts d’amour sont faux et décevables. (Manuscrit du XIVe)

Assez écorche qui le pied tient. (Manuscrit du XIIIe)

Variante moderne : Autant fait celui qui tient le pied que celui qui écorche.

Assez gagne qui malheur perd.

Assez octroie qui se tait. (Manuscrit du XIIIe)

Assez vaut festin. (Euripide)

As-tu des filles, veille à leur pureté, et n’aie pas avec elles un visage jovial. (Bible, l’Ecclésiastique)

Attache d’abord ton âne, puis tu le recommanderas à Dieu. (Turquie)

Attends d’autrui ce qu’à autrui tu auras fait. (Publilius Syrus)

Attends le soir pour louer le beau jour et la mort pour louer la vie.

Au besoin connaît-on l’ami.

Variante: Au besoin voit-on son ami.

Au bout de l’aune faut (manque, fait défaut) le drap. (Manuscrit du XIVe)

Chaque chose a sa fin.

Au chaudron des douleurs chacun porte son écuelle. (Henri Estienne)

Au coucher se gagne le douaire. (Antoine Loisel)

Le douaire n’est point acquis à la femme avant que le mariage ne soit consommé.

Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire. (La Fontaine)

Aucun coupable n’est absout devant son propre tribunal. (Juvénal)

Aucun esprit averti n’a jamais considéré que changer d’opinion soit le fait de l’inconstance. (Cicéron)

Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge. (Abraham Lincoln)

Aucune main n’est pure quand le chef a changé. (Lucain)

Aucun n’est plus affairé que celui qui a le moins à faire.

Au faible, le fort fait souvent tort.

Au faîte des grandeurs, le tonnerre gronde. (Mécène)

Au fond des pots sont les bons mots. (P. J. Le Roux)

Au gueux, la besace. (A. Caillot)

Le pauvre reste toujours pauvre.

Aujourd’hui nous courons, demain nous puons.

Au lion la part du lion. (Ésope)

Au long aller la lime mange le fer. (Ch. Cahier)

Au long aller petit faix pèse.

Une petite dépense qui se répète souvent finit par grever un budget. Voir aussi l’autre forme : Petite charge pèse de loin et Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Au long aller, le fardeau pèse.

Une petite dépense finit par devenir onéreuse lorsqu’elle est fréquemment répétée.

Au mal une fois fait il n’est pas de remède. (Homère)

Au malade le miel est amer. (Sénèque)

Au mariage et à la mort, le diable fait son effort. (L. F. Sauvé)

Au milieu des armes, les lois sont silencieuses. (Cicéron)

Au moment de manger, nul ne doit avoir vergogne. (Plaute)

Au paradis pour la musique ; mais en enfer, pour l’agrément de la conversation.

Au paresseux, le poil lui pousse dans la main.

Au plaisanter, on connaît l’homme. (Manuscrit du XIIIe)

Au premier inventeur appartient le mérite. (Pindare)

Au premier son on ne prend la caille. (Manuscrit du XVe)

Variantes: On ne prend pas l’oiseau à la tarterelle (la crécelle). – On ne prend pas les vieux moineaux avec de la paille. – On ne prend pas les vieux merles à la pipée. – Vieil oiseau ne se prend pas à rets (filets).

Auprès de la sagesse, tout l’or du monde n’est qu’un peu de sable. (Livre de la Sagesse)

Au prêter ange, au rendre diable.

Au prêter cousin, au rendre fils de putain.

Au rire connaît-on le fol et le niais. (Gabriel Meurier)

Au royaume de l’espoir, il n’y a pas d’hiver. (Russie)

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. (Cité par Apostolius)

Avec un mérite, un savoir médiocre, on brille au milieu des sots et des ignorants.

Au saint qui ne fait pas de miracles on ne brûle pas d’encens.

Au seul mot de sermon nous devons du respect. (Boursault)

Au soir loue l’ouvrier et au matin l’hôtelier. (Gabriel Meurier)

Au sourd l’œil sert d’oreille.

Aussi bien sont amourettes sous bureaux que sous brunettes. (Roman de la Rose XIIIe)

Le bureau était une grosse étoffe de bure dont se servait le peuple et la brunette une étoffe très fine dont s’habillaient les dames.

Aussitôt dit, aussitôt fait.

Aussitôt pris, aussitôt pendu.

Se dit d’une décision très prompte.

Au surnom connaît-on l’homme. (M. Le Roux de Lincy)

Autant de mariages, autant de ménages.

Autant de paroles, autant de sottises.

Autant de pays, autant de guises. (Zénobios)

Autant dépense chiche que large.

Une économie mal entendue entraîne à une dépense considérable.

Autant d’esclaves, autant d’ennemis. (Caton le Censeur)

Autant de serviteurs, autant d’ennemis. (Caton le Censeur)

Autant de têtes, autant d’avis. (Térence)

Plus le nombre de personnes est important, et plus il y d’opinions différentes.

Autant en emporte le vent.

Les regrets sont inutiles. Ce qui est fait est fait.

Autant meurt veau que vache. (Manuscrit du XIIIe)

Autant pèche celui qui tient le sac que celui qui l’emplit. (Ch. Cahier)

Autant vaut l’homme comme il s’estime. (Rabelais)

Autres pays, autres coutumes.

Les coutumes et habitudes changent d’un pays à l’autre.

Autres temps, autres mœurs. (Attribué à Pindare)

Les mœurs changent d’une époque à l’autre.

Aux amants et aux buvants, chemin est court avec le temps.

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. (Corneille)

Vers de Corneille, dans Le Cid.

Aux bons il arrive souvent malheur.

Aux chevaux maigres vont les mouches. (Baïf)

Aux dépens du bon sens, gardez de plaisanter. (Boileau)

Aux enfants, il faut laisser un bel héritage de conscience plutôt que d’or. (Platon)

Aux femmes, le silence est une parure. (Sophocle)

Aux forts, la Fortune est propice. (Térence)

Aux grandes portes battent les grands vents. (Brantôme)

Aux grands maux les grands remèdes.

Latin: Extremis malis extrema remedia. Il faut prendre des décisions énergiques contre les maux graves et dangereux.

Aux grands pêcheurs échappent les anguilles. (Manuscrit du XVe)

Aux griffes, on connaît le lion. (Alcée)

Aux innocents les mains pleines. (P. A. Lambert-Thiboust)

Aux méchants bœufs Dieu donne courtes cornes.

Latin: Dat Deus immiti cornua curta bovi.

Aux modérés Zeus donne la victoire. (Eschyle)

Aux pays des aveugles les borgnes sont rois.

Variante: Au pays des aveugles, qui n’a qu’un œil est appelé Monsieur.

Aux petits conviennent les petites choses. (Horace)

Aux petits sacs sont les meilleurs épices. (Gabriel Meurier)

Aux tards venus, les os.

Les derniers arrivés se contentent des restes.

Aux vertus que l’on exige d’un domestique, connaît-on beaucoup de maîtres qui soient dignes d’être valets. (Beaumarchais)

Aux vilains matous les belles chattes. (L. Morin)

Aux yeux du sot, la parole du sage semble une sottise. (Euripide)

Aux zélés indiscrets tout paraît légitime. (Corneille)

Avant de bâtir la tour, il faut calculer la dépense. (Évangile selon St Luc)

Avant de le perdre, l’insensé ne sait pas qu’il a en main un objet précieux. (Sophocle)

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

Avant le sens, la barbe vient.

Avant que tu ne parles, on doit pouvoir lire sur ton visage ce que tu vas dire. (Marc Aurèle)

Avec celui qui est pur tu te montres pur, et avec le fourbe tu agis avec fourberie. (Psaumes)

Avec de douces paroles on parvient à traire le cerf et avec de dures on ne réussit même pas à traire une vache. (Géorgie)

Avec de l’argent, on peut tout acheter, même de la discrétion.

Avec des « si » on mettrait Paris dans une bouteille.

Seule la réalité compte, et peut importe ce qui aurait pu ou pourrait se produire si les choses avaient été / étaient différentes.

Avec la faim il ne faut pas se livrer au travail. (Hippocrate)

Avec la femme, le mensonge devient bientôt vérité et la vérité mensonge. (Manuscrit du XIIe)

Avec la mesure dont vous mesurez, il vous sera mesuré. (Évangile selon Saint Matthieu)

Avec la paille et le temps se mûrissent les nèfles et les glands. (Gabriel Meurier)

Avec le florin, la langue et le latin, par tout l’univers on trouve son chemin.

Avec le renard, on renarde. (XVIe siècle) : Il faut utiliser les armes de l’adversaire. Variante : À renard, renard et demi. - Il n’y a si fin renard qui ne trouve plus finard.

Avec les fols il faut foller.

Avec les loups, on apprend à hurler. (Racine)

Variante: Il faut hurler avec les loups. Il faut s’accommoder aux manières, aux mœurs, aux opinions de ceux avec qui l’on se trouve.

Avec les loups il faut foler.

Latin: Necesse est cum insanientibus furere.

Avec un fou, prendre les jambes à son cou.

Avocats se querellent et puis vont boire ensemble.

Avoir de l’or faux est un malheur supportable et facile à découvrir; mais le faux ami, c’est ce qu’il y a de plus pénible à décourir. (Théognis de Mégare)

Avoir des amis, c’est être riche. (Plaute)

Ayez beaucoup d’amis et peu de confidents. (Apollonios de Tyane)

 

À beau mentir qui vient de loin.

Celui qui vient d’un pays lointain peut, sans craindre d’être démenti, raconter des choses fausses.

À bon chat, bon rat.

Se dit quand celui qui attaque trouve un antagoniste, capable de lui résister.

À chaque jour suffit sa peine.

Supportons les maux d’aujourd’hui sans penser par avance à ceux que peut nous réserver l’avenir. Tiré de l’Évangile de Matthieu (Mt 6.34), parabole des lys des champs – Lamartine : Le soin de chaque jour à chaque jour suffit.

Achetez à crédit et vendez comptant.

À cheval donné, on ne regarde pas les dents. (Cité par saint Jérôme)

Il ne convient pas de critiquer ce qui vous a été donné gratuitement.

À cœur vaillant rien d’impossible

Avec du courage, on vient à bout de tout. Utilisé comme devise par Jacques Cœur.

Advienne que pourra.

Qu’il en résulte ceci ou cela, peu m’importe. Utilisé souvent précédé de Fais ce que dois, voir Fais ce que dois, advienne que pourra.

À vaillant cœur rien d’impossible. (Devise de Jacques Cœur)

Jacques Cœur, argentier de Charles VII.

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Le Cid de Pierre Corneille.

Après trois jours, le poisson et l’hôte deviennent puants.

(Post tres dies piscis vilescit et hospes, cité par Pontanus) : Variante: L’hôte et la pluie, après trois jours ennuient.

 

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